Veillées Philo 2019

Vendredi 13 décembre : Le travail en souffrance de 19h30 à 21h30

Vendredi 13 décembre 2019 de 19h30 à 21h30 : Le travail en souffrance

En lien avec l’actualité du procès de France Telecom (Procès du 6 mai au 2 juillet et jugement attendu pour le 20 décembre), nous regarderons (écouterons) ensemble un documentaire avec Christophe Dejours (psychiatre, psychanalyste et professeur de psychologie.
Sur le sujet, un livre intéressant : Les visages écrasés de Marin Ledun (ancien salarié France Telecom) et le film inspiré de ce livre : Carole Matthieu de Louis-Julien Petit (avec Isabelle Adjani).
A lire également : Pour une philosophie du travail de Martine Verlhac
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Vendredi 26 octobre : Le cinéma nous rend-il meilleur ? de 18 à 22h
Le cinéma joue peut-être le rôle qui fut dévolu au roman à tort ou à raison lorsqu’il semblait porteur d’un sens existentiel voire de leçons de vie. Nous ne pouvons nous empêcher d’investir les films que nous allons voir de ce sens, qu’il passe par les destins individuels, la rencontre avec l’histoire, le contexte politique, voire une dimension métaphysique. Nous ne prenons pas seulement un intérêt esthétique au cinéma, nous le chargeons de nos intérêts mondains et de leur dimension éthique. Et même si nous en disputons souvent dans un certain dissensus, nous voudrions pouvoir convenir du sens qu’il donne à la condition humaine. Pour autant le cinéma a t-il vocation à nous rendre meilleur comme semble vouloir nous le dire un cinéaste comme Franck Capra mais d’autres aussi, par exemple Ken Loach aujourd’hui quoiqu’il soit sans doute moins optimiste que Capra. Nous avons choisi le film de Capra, M. Smith au Sénat car il semble avoir cet objectif. Capra qui sans doute sait aussi bien que F. Lang, Lubitsch, Losey pour s’en tenir à ses contemporains, que notre monde est sans pitié parie sur l’amendement humain. Est-ce raisonnable, pertinent, crédible et le cinéma a-t-il vocation à nous rendre meilleur, ou comme se demande Stanley Cavell, parce qu’il avait détecté dans la comédie américaine, le pari du recommencement, nous rend-il tout simplement meilleurs ?
Nous nous proposons donc d’en discuter à partir du film de Capra même si notre discussion sollicitera sans doute d’autres exemples.

Mr Smith au Sénat Film de 1939 Franck Capra
Dans le contexte de 1939, dans l’Amérique de Roosevelt vue comme la patrie d’une espérance démocratique, la corruption semble ordinaire au Sénat. Jefferson Smith, jeune homme idéaliste est nommé sénateur un peu par hasard et parce qu’il a l’apparence de quelqu’un que l’on pourra manœuvrer. Or il va déjouer les plans d’un lobby de spéculateur. Il ne joue pas le jeu et son projet alternatif destiné à construire un centre pour des jeunes, porteur de l’espoir d’un monde nouveau, va s’appuyer sur des scouts aussi idéalistes que lui. Bien qu’il risque d’y laisser jusqu’à sa vie son courage triomphera du côté obscur des menées politique. Peut-être même convertira-il certains des adversaires, ce qui laisse croire que son idéalisme n’est pas dérisoire.
Pouvons-nous, devons-nous y croire ?
Capra est également l’auteur d’un autre film porteur d’une leçon « optimiste » : la vie est belle.

Vendredi 28 juin : Dans quel monde voulons-nous vivre ?
Conférence gesticulée : La tomate et le citoyen, une fable moderne
Cette conférence gesticulée sera mise en scène par Antoine Tarabbo (professeur de français).
Dans son ouvrage, l’Empire de l’or rouge ( Fayard) le journaliste Jean-Baptiste Malet, après une enquête sur quatre continents révèle que l’industrie de la tomate est exemplaire des dérives du capitalisme spéculatif sans limites. C’est ainsi que la tomate produite en Chine, inonde le marché européen et mondial sous couvert d’ « une authenticité à couleur locale », et se trouve présentée comme un concentré au goût du sud.
Au delà de cette frauduleuse réalité économique, la culture intensive de ce fruit hors sol, peut préfigurer métaphoriquement notre devenir de citoyens, maintenus peu à peu, hors solidarités, au risque de devenir des concentrés d’automates.

Vendredi 22 mars de 19h30 à 21h30 : Comment former notre esprit critique ?
Présentation du thème par Martine et Chô
Nous écouterons ensemble un document audio (max 30mn) ( Émission La Grande Table du 17/01/2019 avec Nicolas Gauvrit France Culture) puis nous échangerons sur le sujet.
Avoir l’esprit critique, c’est être capable de repérer des situations où il est possible de se tromper, c’est tout d’abord avoir la capacité de comprendre puis de raisonner de manière autonome et rationnelle.
Autre document de travail Emission La Grande Table du 22/01/2019 avec Manuel Cervera-Marzal

Vendredi 1er mars de 19h30 à 21h30  : La violence en politique : Explicable ? Injustifiable ?
La violence politique est une question normalement récurrente. Elle n’était jamais interrogée dans les sociétés non démocratiques où régnait la loi du plus fort. Il est dans l’ordre des choses qu’ici et maintenant, par exemple dans la France du présent fort conflictuel qui est le nôtre, elle ressurgisse.
Le côté de l’ordre qui détient avec notre consentement le monopole de ce que l’on appelle « la violence légitime » peut toujours s’en prévaloir injustement. Mais d’un autre côté, pouvons-nous justifier le recours à la violence en politique sous prétexte que le réel politique et social est indiscutablement injuste ? Nous avons suffisamment vu que des groupes politiques revendiquant la justice sociale ou politique s’emparent de l’instrument de la violence pour prétendre rétablir la justice. Outre le fait qu’il peut arriver qu’ils établissent alors une nouvelle injustice,d’où tirent -ils leur droit à la violence ? Celui qui cherche des « raisons » du recours à la violence ne se trouve-t-il pas toujours dans la configuration certes limite mais significative de celui qui torture au nom d’une efficacité qu’il dit au service de la justice ?
Dans cette question nous sommes donc mis en situation de réfléchir à des choix dont le sens est forcément à la limite tragique mais néanmoins nécessaire si notre citoyenneté n’est pas la simple adhésion à des réflexes bien- pensants quels qu’ils soient.
Les références ne manquent pas et nous ne les limiterons pas, néanmoins nous pouvons indiquer quelques lectures ou vidéos en rapport avec notre objet de réflexion :
Ne manquons pas , sur les violences d’autres temps, le dernier petit texte d’Eric Vuillard : La guerre des pauvres vite lu mais qui résonne longtemps, sur la guerre des paysans allemands au XVI° siècle.
Pour notre époque il y a de très beaux films :
Le récent et poignant : En guerre, de Stéphane Brizé, sur la violence sociale.
Et deux films ,parmi d’autres ,sur les années de plomb italiennes :
Buongiornno la notte de Mario Bellochio, sur la séquestration et l’assassinat d ’Aldo Moro.
et La seconda volta de Mimmo Calopestri sur l’histoire d’un professeur d’université victime d’un attentat qui veut rencontrer la coupable alors qu’elle tente de tirer un trait sur son acte.
Il y a aussi des lectures sur des événements historiques qui ont concerné l’histoire de nos générations : et par exemple la guerre d’Algérie :
Alice Zeniter, L’art de perdre histoire d’une famille d’algériens...
Mouloud Ferraoun, Journal : M. Ferraoun instituteur algérien est témoin de la violence de l’armée française mais aussi de celle du FLN. Il a été assassiné par l’OAS en avril 1962 alors que la paix venait d’être proclamée.
Et sur la propension possible de l’homme au mal comme au bien nous pouvons indiquer le livre plus philosophique et austère mais très abordable de Michel Tereschenko : Un si fragile vernis d’humanité.
Ces références sont ouvertes, non limitatives. Nous pourrons évoquer d’autres sources, d’autres exemples, d’autres lectures, le principal étant de pouvoir discuter à partir d’arguments et d’exemples.

Ces soirées seront animées par Martine Verlhac et Josette Lièvre.
Pour chaque veillée, Chô, Isa et Franck vous proposeront un plat et un dessert (5€) que nous partagerons ensemble.

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